Extraits

 

Manifestations sur la limite

 

Dans cette ville personne ne peut pleurer

Dans cette ville il n’y a plus rien

Se débattre en satisfaisant au principe

D’angoisse permanente

Amas de matière immobiles

Enroulés sur eux-mêmes

Prêts à exploser

Au premier déclic

Visages sans expression

Fixant le vide

En réactions opposées

Sans larmes, on ne peut pleurer

Dans cette ville

1920 à Hyde Park

 

J’étais

Protégée par les branches tombantes, devant le parc

Tel un damné crépusculaire réfugié

sous une tente de bois dans le châtain

craquement des feuilles.

Vent hivernal

Ce soleil limpide qui

éclaircit l’herbe

Et brille à mes yeux.

Arbres

Epars

Découpés sur la céleste étendue

La pureté du froid pénètre la mémoire

Seul un tiède rayon

Dore  

Jeux de lumière

Entre les branches

Peut se détruire en un instant

 

Tu m’as tuée en trente secondes

Avec une lame de plastique

Et mes bottes sur la neige blanche

Étaient vraiment belles

Et attirantes

Comme un combattant fascinant

Je te regardais

Tu me regardais

Et tu souriais – tu ne savais pas

C’était la mort

Comme elles étaient belles – les bottes

Et fascinante

La mort

Suspendu

 

Me perdre dans tes yeux

Profonds comme des lacs

Nocturnes

Le silence de tes yeux  

Déconcertant

M’emprisonne ravie –

Suis-je sauve ou perdue

Mon amour ?

Toi seul

Eternellement infiniment

En un instant

Passé dans la relativité de l’importance

Du tout et de l’unique

Toi seul, mon Amour

Peux

Décider de mon destin

Les paradis lointains

 

Ombres

Reflets de l’infini

Dans le miroir féérique de l’eau

Image vague de brume fumante

Et basse

Depuis le tunnel

Sur les barques et les sombres nuages

Flottent les fantômes du passé

Emprisonnés dans des châteaux magiques

Loin

Dans les vallées de l’enchantement

Sans titre 2

 

Toujours merveilleuse

La matérialisation de la lumière

Dans la blanche brume

Parmi les arbres

Matinale.

Seulement avec attention transparaissent

Les silhouettes des sous-bois,

Entre les herbes et l’écorces la pluie

Exhale encore.

Le regard vain

Posé à l’infini

Vague

Le long des fleuves de la pensée

Derrière le voile mouillé du matin

Après-midi romagnol

 

Claquent les roues sur les blanches

Routes pierreuses

Déliées

Dans l’agreste ensoleillé.

Seuls les oiseaux, les branches

Sont les musiciens conteurs

De la fatigue du marcheur

A vent contraire.

Fatigue récompensée

Par les intenses couleurs d’été

Les cimes hautes des peupliers tels

Des pinceaux

Sur un ciel compact

Et les rouges ponceaux

Dans les ronces d’un fossé.

Isolée maisonnette

Dans la quiétude champêtre et

Abandonnés aux sens

Consommer

Un amour défendu

Romantique accompli dans la lumière miellée de la fin d’après-midi

 

Le soir n’arrive plus

enfermé entre ces vitres

dont pas même ne transpire

un souffle de ta blonde lumière

Mais les dansantes huppes hirsutes des pins

incitent l’âme au désir

d’une paix utopique

fredonnée dans des airs antiques, venus d’Est

Il meurt chaque soir

Baigné du sang du coucher

Mais toujours il renaît,

Phoenix,

Et tourmente le cœur.

Idyll is an instant 

 

Your warm hand in the cold of winter 

Is the only guide I need 

To enter the dimension of delight

Dive with me into a soft carpet of colours

Where your smile is sweet wine for my soul

I sip it up, golden, and drunk of you

My love, I know

It is already ecstasy 

Romantic summer

 

Nothing my love I could suffer to miss

Of your existence.

Not the most fleeting of instants

Nor a sigh

Confused with the immensity of the air.

Nothing would I remove

From this gentle landscape

Surrounding your life,

Not even the dark storms

Sometimes disturbing

My idyllic

Contemplation